| Témoignage de Stella |
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Un simple geste
Un jour il fut transféré vers un hôpital qui se trouvait bien plus loin d'Anvers. C'est ainsi que mes visites ont pris fin, mais je venais régulièrement aux nouvelles chez l'aumônier. Celui-ci m'a proposé d'offrir mes services au Centre des Brûlés. C'est à l'unité "12" que les brûlures des petits enfants sont soignées.
Mon premier petit patient Ma première journée fut très chargée. Le petit patient était fort brûlé. Je suis arrivée dans sa chambre et j'ai tout de suite vu les grands yeux de cet enfant couvert de brûlures. A ce moment là on veut pouvoir effacer la douleur et le chagrin pour donner réconfort et amour.
Parfois nous partions comme de vrais détectives à la découverte du sous-sol. Nous avons trouvé le chemin des transfusions de sang, service que nous avons passé à la loupe! Puis après une petite pause, nous sommes retournés à la chambre pour le souper à la tombée du soir. C'était une journée bien remplie pour le petit ! Peu après, il a pu rentrer à la maison.
Ma petite d'Afghanistan
Le papa, tout comme sa fille, n'avait encore jamais mis un pied hors d'Afghanistan et n'avait jamais vu un avion de près. Une des découvertes les plus surprenantes furent les boutons dans l'ascenseur pour le faire monter ou descendre. Son séjour en Belgique fut une révélation. Il ne parlait que sa langue maternelle, un dialecte indescriptible, ce qui rendait toute conversation quasiment impossible. Mais au travers de l'hôpital il a vu des gens fort occupés à toutes sortes de tâches incompréhensibles, le personnel soignant travaillant en équipe, des jupes d'uniformes virevoltantes et partout de la peau blanche. Tout était bien étrange.
Après la dernière d'une série d'opérations commença une longue période de revalidation. D'abord en chaise roulante, nous jouions au ballon dans le couloir. Le personnel soignant ne restait pas en reste pour jouer et rire avec nous. On aurait dit que personne ne ressentait la fatigue. Comme dans une grande famille, toutes les forces étaient unies pour aider la petite à aller mieux. Elle a guéri vite et rapidement. Avec le cœur gros nous les avons vu partir chez eux, en Afghanistan, vers la guerre d'où ils venaient. Et ce ne fut pas une mince affaire que de faire entrer tous les cadeaux dans l'avion. Son papa avait même reçu un téléviseur qu'il a manipulé avec le plus grand soin, s'assurant lui-même de son chargement dans l'avion. Quel aventure pour cet homme venu d'ailleurs ! Les médecins et le personnel soignant ont aidé la petite avec compétence et rapidité. Ils ont tous des doigts en or. La petite a pu retourner au pays en parfaite santé. J'ai même pu lui apprendre quelques mots de néerlandais ! Je me rappelle encore toujours de notre visite à la ferme. A la terrasse, j'ai offert une bière au papa. C'est le plus beau des cadeaux que j'ai faits à quelqu'un. Je n'avais encore jamais vu quelqu'un boire une bière belge avec autant de goût. Quel plaisir de voir son visage. Et cela m'a donné une réelle satisfaction de pouvoir rendre quelqu'un tellement heureux par un simple geste, un petit mot, quelque chose de rien du tout.
Quelle satisfaction ! En travaillant avec les enfants hospitalisés, on oublie très vite ses propres petits soucis et tracas qui ne sont rien en comparaison avec ceux de l'enfant que l'on soigne. C'est un réel plaisir de pouvoir contribuer à leur mieux être. C'est pourquoi je tiens à remercier du fond du cœur toute l'équipe de Pinocchio pour le superbe travail presté. Je pense aussi à tous ces gens qui sont là jour et nuit : les médecins et le personnel soignant, sans oublier les personnes travaillant dans l'ombre. J'apporte volontiers ma petite pierre à l'édifice et souhaite encore longue vie à Pinocchio.
Stella Biancali
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